Avec un été chaud et sec, l’année 2018, n’est pas celle de 2017. Alors que l’on croulait sous les champignons l’année passée, cet automne devrait s’avérer pauvre en récolte mais avec quelques avantages néanmoins. Explications…

Cèpes de Bordeaux (bouchons) et girolles de l’Ardenne belge

La saison de la cueillette des champignons a commencé sur le tard cette année. Nous sommes allés à la rencontre de Paul Pirot, grand expert chez les mycologues dans la province de Luxembourg. Selon lui, cette année n’est pas propice aux champignons et il faudra redoubler de vigilance pour trouver les cèpes et girolles. « Malheureusement, en raison de la sécheresse et du manque de pluie dans notre région, le mois de septembre fut trop sec et les forêts sont pauvres en champignons. Certains sont quand même apparus en nombre et la saison n’est peut-être pas terminée. » Cependant, ce dernier explique que vu le faible taux d’humidité, certains champignons se voient moins attaqués par la vermine.

Dès lors, pour le roi des forêts comme le Cèpe de Bordeaux, presque aucun ver n’est à déclarer dans le champignon lorsque celui-ci est découvert par un cueilleur, alors que les années précédentes il fallait jeter beaucoup pour se débarrasser de la vermine. Et si vous ne trouvez aucun champignon des bois cette année, vous pouvez vous rabattre sur ceux des près, appelés les rosés des prés. Ils abondent en ce moment grâce à la rosée du matin et aux températures clémentes le jour. Similaire aux champignons de Paris, vous les trouverez aisément dans des champs avec des vaches.

Couper ou arracher le Champignon ?

Deux écoles s’affrontent. Certains prétendent qu’en coupant on laisse des bactéries sur le mycélium (les « racines » du champignon), alors que d’autres préconisent cette méthode. Paul Pirot nous a donné sa réponse et celle-ci devrait vous aider. « Tout dépend du champignon récolté. Si on les cueille pour les manger, il faut cueillir en coupant le bas du pied, les déposer déjà propres dans un récipient rigide. Ensuite, arrivé chez soi, il suffit de les brosser un peu et ne pas les plonger dans l’eau. »


Mais comment réussir votre cueillette, malgré la pluie ?

« Il n’y a pas forcément de moment idéal pour la cueillette. Tout d’abord, il faut distinguer les champignons des prés et ceux des bois. Dans les prés, les gens y vont tôt le matin, afin d’être les premiers. Moi, je préfère y aller l’après-midi quand il y a moins de monde. Les champignons apparaissent en automne, car ils sont dépendants des arbres ou de ce qu’on appelle le phénomène de stress lié à une différence de température brutale.

Dans les bois, c’est moins marqué car la différence de température entre le jour et la nuit est moindre » ajoute Monsieur Pirot. En général après un épisode de pluie intense et quelques jours de beau temps suivant les averses, le moment idéal à la cueillette se profilera.

Mais, attention !  Quelques champignons sont toxiques. « Il n’y a absolument pas de façon de le voir à la cueillette pour les personnes non-averties. La seule manière, c’est de connaître le nom du champignon. Il faut seulement manger ceux dont on est sûr de connaître. »

Les champignons comestibles sont peu nombreux… les toxiques aussi. Comestibles veut dire mangeables. Cependant « quelques champignons sont mangeables qu’en cas de guerre ou de famine, ils sont aigres », réagit Paul Pirot. Et Comme dit le proverbe «  Tout les champignons sont mangeables, certaines seulement une fois… »

Enfin, Monsieur Pirot tenait à insister sur une chose, qui lui tient à cœur, en tant que mycologue. « Les champignons ne sont pas que des proies, nous ne sommes pas que des prédateurs. Non, les champignons ont des rôles très importants dans la nature et apprendre à mieux les connaître, c’est aussi montrer tout le bien qu’ils font à la nature. »

En effet, le champignon, c’est un condiment plus qu’un aliment.

« Il faut essayer de voir les champignons comme vous regardez les oiseaux. Il faut s’y intéresser pour autre chose que pour leur goût, c’est utile à la nature. »

Info pratique : Dimanche 14 octobre. Promenade guidée par Paul Pirot.
Départ du Syndicat d’Initiative d’Habay-la-Neuve à 10h.