François Bellot, le ministre fédéral de la mobilité, a apporté des réponses quant à la situation catastrophique sur la ligne de chemin de fer 162. Il en a profité pour annoncer qu’il n’y aurait pas de ligne directe entre Viville et Luxembourg. Le P+R reste, quant à lui, d’actualité.

Depuis le mois de septembre, la ligne de chemin de fer qui relie Arlon et Luxembourg-Ville s’apparente à un véritable chemin de croix pour les navetteurs. La situation est même chaotique, avec des retards quotidiens, des suppressions de trains et des avaries en tout genre. Le constat est sans appel : entre le 1er septembre et le 22 novembre, 353 trains ont été supprimés, tandis que le taux de ponctualité était de 50% !

Face à cette situation intenable, la députée arlonaise Anne-Catherine Goffinet et le député Benoit Piedboeuf ont interpellé François Bellot, ministre de la Mobilité et de la SNCB, lors d’une session au parlement. Les deux mandataires politiques souhaitaient notamment connaitre les mesures envisagées pour opérer un retour à la normale sur la ligne 162.

Dans sa réponse, le ministre Bellot a reconnu que la situation était déplorable.

« la ligne L162 a été très compliquée, avec une mauvaise ponctualité et un nombre important de trains supprimés »

Cela s’explique par des travaux sur les voies entre Habay et Lavaux qui engendrent des retards, et par l’introduction d’un voltage de 25.000 volts au Grand-Duché de Luxembourg. Des problèmes techniques au niveau de la communication entre la voiture pilote et la locomotive, des soucis de mise à disposition des rames aux centres de maintenance et des manipulations fautives des conducteurs (qui ne disposaient pas de suffisamment de pratique sur ce matériel) ont engendré un effet papillon et ont paralysé la ligne Arlon-Luxembourg pendant plusieurs semaines.

On rappellera tout de même que le Grand-Duché de Luxembourg et la Compagnie Ferroviaire Luxembourgeoise (CFL) avaient annoncé à leurs homologues belges, plusieurs années à l’avance, le passage à un voltage supérieur. Les responsables belges étaient donc parfaitement au courant que des ajustements étaient nécessaires pour assurer une liaison fluide entre les deux frontières.

Quid d’une liaison Viville-Luxembourg ?

Si François Bellot se réjouit que la plupart des problèmes techniques aient été résolus, il déplore une nouvelle détérioration. « La semaine du 5 au 11 novembre, la ponctualité de la ligne 162 s’est élevée à un niveau acceptable de 89,5%. Mais la SNCB signale qu’elle constate une nouvelle augmentation des avaries et une baisse de la ponctualité depuis le 12/11 » explique-t-il.

Dans sa réponse aux deux députés, Bellot précise également que la SNCB prévoit l’homologation de plusieurs types de matériel vers le Luxembourg. Les locomotives Desiros et Type 13 seront mise en service fin 2019, les Type 18 milieu 2020 et les futures M7 à l’horizon 2021-2022. Mais soyez rassuré : le matériel circulant actuellement sur la ligne 162 est d’ores et déjà adapté aux caractéristiques techniques.

Enfin, en ce qui concerne la création d’une ligne directe entre Viville et Luxembourg, les navetteurs risquent bien de devenir verts de rage. Si le projet de P+R est toujours d’actualité, l’idée de cette desserte directe est désormais rangée au placard.

« Il faut savoir que la SNCB a augmenté fortement l’offre de parking sur le site de la gare en aménagent 165 places supplémentaires pour une capacité totale de 765 emplacements. 156 autres places ont également été mise à disposition des navetteurs sur le parking de la maison de la culture d’Arlon » détaille le ministre.

« Mais concernant une desserte directe entre Viville et Luxembourg, ni la SNCB, ni les CFL ne disposent actuellement du matériel disponible pour assurer de telles relations. Par ailleurs, l’infrastructure à Viville ne permet pas d’y organiser un terminus. Pour ce faire, l’aménagement d’une voie accessoire à Stockem serait nécessaire ».

Pour rassurer tant bien que mal les navetteurs, le ministre insiste en disant que ce projet n’est pas abandonné mais ne pourra de toute façon pas se faire, s’il se fait, avant 2020. « L’offre ne pourra être étoffée tant que le chantier d’Infrabel assorti d’un service à voie unique entre Lavaux et Habay est d’application, à savoir jusqu’à la … mi-2020 ! À partir de ce moment-là, une desserte horaire sera prévue, éventuellement vers le Luxembourg en coopération avec les CFL et pour autant que du matériel compatible soit disponible »

« Lors de la réunion qui s’est tenue à Luxembourg le 21 novembre entre la SNCB, les CFL, les représentants du Ministre Bausch et mon cabinet, il a été décidé que les CFL et la SNCB construiraient un scénario quant à l’organisation d’une offre satisfaisante via Viville à partir de 2020 » conclut le ministre.

Pas certain que ses réponses apaisent la grogne des navetteurs et frontaliers. Si ceux-ci pourront toujours prendre le train à Viville, ils devront obligatoirement changer de ligne à Arlon pour rejoindre Luxembourg. Avec tous les retards que ce genre de basculement provoque chaque matin. Sans ligne directe entre Viville et la capitale luxembourgeoise, l’intérêt du P+R en prend un coup.