Les frontaliers qui empruntent la ligne de chemin de fer entre Arlon et Luxembourg sont à bout. Ils déplorent une situation surréaliste et l’immobilisme de la SNCB.

Il s’agit d’un constat de notoriété publique : les trains de la SNCB sont toujours en retard. Mais sur la ligne Arlon-Luxembourg, empruntée par des milliers de voyageurs tous les jours, les navetteurs ont atteint leur degré de patience. Matériel inadapté, panne journalière, avaries, retards à répétition, suppressions de trains, correspondances non assurées, manque de place de parking : les usagers en ont ras-le-bol.

Alerté par Michaël Jacquemin, un usager régulier de cette ligne de l’enfer et membre des Amis du Rail, nos confrères de l’émission « On n’est pas des pigeons » de la RTBF se sont rendus sur place pour constater les dégâts. Ils y ont rencontré Jérôme, qui n’en peut plus des retards qui s’accumulent. « J’en ai eu un tous les jours, de minimum quinze minutes, et ça va jusqu’à 40-45 minutes voire plus d’une heure. C’est assez pénible et pour l’instant il n’y a pas de solution vu les travaux sur la route. Beaucoup de gens restent dans le train car la route pour le moment ce n’est pas mieux ” a-t-il confié.

Pour Sabrina, la SNCB n’a pas tenu ses engagements. « Il y a eu deux mois de travaux, on était censés être opérationnels au mois de septembre, et à vrai dire ce n’est pas du tout une réalité. Il y a des retards au départ d’Arlon, des retards au départ de Luxembourg ». Pour les frontaliers qui rejoignent la capitale luxembourgeoise pour travailler, c’est donc la croix et la bannière chaque jour de la semaine.

Un problème de voltage ?

Selon les responsables de la SNCB interrogés par la chaine publique, cette situation pénible s’explique par une conjonction de trois problèmes qui surviennent en même temps. « D’une part des travaux importants sur l’autoroute à hauteur de Sterpenich [qui provoque un transfert de certains automobilistes vers le train, ndrl]. D’autre part un changement de voltage qui est intervenu à partir du 17 septembre au niveau des chemins de fer luxembourgeois, qui sont passés de 3 000 Volts à 25 000 Volts. Et enfin d’importants travaux sur un tronçon de 15 kilomètres. Ce sont des travaux de modernisation des voies entre Habay et Lavaux, qui ont aussi provoqué des problèmes de ponctualité”.

Face à la grogne grandissante des navetteurs, la SNCB tient à rassurer. Le problème du au changement de voltage entre Belgique et Luxembourg serait en passe d’être régularisé. Et en ce qui concerne les travaux sur le tronçon Habay – Lavaux, “Nous avons adapté nos horaires. Ce qui veut dire que concrètement certains trains partent un peu plus tôt ou un peu plus tard qu’à l’accoutumée. Et nous avons aussi réduit la distance du changement de kilométrage, où on est passés de sept kilomètres à un kilomètre où la vitesse doit être réduite sur ce tronçon. Il y a maintenant un taux de ponctualité qui est nettement amélioré. Le taux était de 50%, on est passés aujourd’hui, ces derniers jours, à un taux de 90%”.

Une déclaration qui ne devrait pas calmer les usagers. Malgré ses avancées, la situation ne s’est pas améliorée. Il y a deux semaines, au départ d’Arlon, le train de 7h51 avait 32 minutes de retard, avant d’être supprimé. Un peu plus tard, celui de 8h29 a été supprimé aussi.

Enfin, pour ne rien arranger, le système de dédommagement de la SNCB met des bâtons dans les roues à celles et ceux qui voudraient réclamer un remboursement. En effet, en cas de retard occasionnel, il faut que le train ait plus d’une heure de retard pour obtenir gain de cause. Si ce sont des retards fréquents, il faut que votre dossier comporte au moins 20 retards de 15 minutes ou 30 retards de 10 minutes, pour que votre demande puisse être introduite. Bonne chance …