Un employé de la station-service Truck Center à Habay a détourné pour 67.000€ de produits de la Loterie Nationale. Il a été licencié sur le champ et est passé devant le tribunal correctionnel d’Arlon.

C’est une histoire de vol peu banal qui s’est produit à la station-service Truck Center d’Habay, aux abords de l’autoroute E411. Pendant plus de deux ans, un employé a réussi à détourner 67.000€ de produits de la Loterie Nationale en manipulant les logiciels de facturation. La technique de l’auteur des faits, engagé début 2016 comme caissier et réassortisseur, était bien ficelée. Mais le pot aux roses a été découvert en mars dernier.

Pour comprendre comment l’homme a pu voler une telle somme, il faut s’intéresser au fonctionnement interne de la station-service. Depuis plusieurs années, deux logiciels différents sont utilisés lorsque les clients se présentent à la caisse. Un premier permet d’encaisser les carburants et les achats alimentaires. Un second sert, quant à lui, à facturer les produits de la Loterie Nationale. En effet, les billets à gratter et grilles d’Euromillions doivent être encaissés indépendamment des autres biens, afin que la société puisse comptabiliser le nombre de billets vendus.

3 ans et demi de prison ferme ?

Mais la procédure ne s’arrête pas là : une fois que le client a acheté en liquide son billet à gratter, le personnel doit encoder manuellement le montant dans le premier terminal pour que l’achat du client apparaissent tout de même dans les comptes de la station-service. Or, à la longue, les responsables se sont aperçus que les montants indiqués par le terminal servant aux produits de Loterie ne correspondaient pas aux montants indiqués sur le premier logiciel, rapport nos confrères de l’Avenir.

En réalité, le coupable détournait une partie de l’argent dans sa poche. Par exemple, si un client achetait pour 50€ de tickets à gratter, l’escroc ne déclarait que 40€ dans le premier terminal. Au total, ce sont 67.000€ qui ont été détournés à l’insu de la station-service.

L’homme est passé devant le tribunal correctionnel d’Arlon, présidé par Philippe Nazé, le lundi 12 novembre au matin. « J’ai fait mes propres calculs. En fonction des semaines que vous avez prestées, vous pourriez même être redevables de 312.000€ » a déclaré Mme Marianne Lejeune, avocate pour le ministère public.

De son côté, le prévenu, qui n’a pas souhaité être défendu par un avocat, a simplement déclaré qu’il « n’avait pas réfléchi ». Une réponse lunatique qui n’étonne guère, lorsqu’on sait que l’homme est un récidiviste. Il avait bénéficié d’un sursis probatoire pour un traitement inhumain à une personne handicapée.

« C’est pour cela que je n’ai aucune indulgence pour vous. Je réclame trois ans et demi de prison et suis opposée à toute mesure probatoire » a conclut Mme Lejeune.

Le verdict est attendu pour le 10 décembre prochain.