Ce mercredi 24 octobre, l’Europe a posé un geste fort pour l’environnement en interdisant le plastique à usage unique. Une mesure nécessaire, tant notre façon de consommer frôle parfois le ridicule. Exemple à l’appui !

La semaine dernière, les eurodéputés ont voté à une large majorité (571 voix pour, 53 voix contre, 34 abstentions) l’interdiction d’ici à 2021 du plastique à usage unique. Les couverts en plastique qui accompagnent les plats préparés seront donc bientôt prohibés, tout comme les cotons tiges et les pailles, qui constituent un véritable fléau pour l’environnement, et en particulier la faune et la flore des océans.

En effet, 80% des déchets marins sont en plastique, rappelait un rapport de la commission européenne en mai dernier. Avec un milliard de pailles utilisées quotidiennement à travers la terre, nos milieux de vie sont pollués et les animaux aquatiques en sont les premières victimes : 1,5 million d’animaux marins meurent chaque année à cause du plastique, rapporte Konbini.

Des exemples qui dérangent

Ce matin, une équipe de Shootlux s’est demandée quelle était la situation dans nos commerces et quelle était la proportion de plastique lorsque nous faisions nos courses quotidiennes. Nous avons donc arpenté les allées d’une grande surface à la recherche de produits ou d’emballages qui n’auraient rien à faire là dans un monde idéal. Entre les bouteilles d’eau et les emballages plastiques qui entourent une grande majorité de nos produits du quotidien, le constat est alarmant : le plastique est absolument partout !

Et il ne fallut pas bien longtemps pour dénicher la perle de la catastrophe écologique : des œufs durs écalés … emballés dans une boite en plastique. Un exemple, parmi d’autre, qui frôle le ridicule, voire le surréaliste. Un client, interpellé par notre enquête, nous confiait au détour d’un rayon que …

« c’est tout de même incroyable de pouvoir acheter des œufs durs de cette manière, qui plus est dans un emballage qui va finir à la poubelle directement. Sérieux, ça prend 9 minutes à cuire, et sans déchet ! Le monde ne tourne pas rond ! ».

Un avis qui n’est pas forcément partagé par tout le monde. Pour un autre consommateur, ce type de produit est bien pratique dans la vie quotidienne : “Je trouve cela super pratique quand je dois faire un sandwich ou une salade en vitesse et que je n’ai pas le temps no l’endroit pour en cuire. Je ne défends pas spécialement le produit, car je me rends compte que ce n’est pas vraiment bien pour la planète mais bon, ça aide. Gardons en tête que ces oeufs écalés ne sont pas destinés à être consommé à la maison à la place des œufs frais”. 

Changer notre façon de vivre ?

La belge Frédérique Ries, la rapporteuse du texte, indiquait récemment que « c’est indispensable pour protéger l’environnement marin et réduire les coûts des dégâts environnementaux attribués à la pollution plastique en Europe, estimés à 22 milliards d’euros jusque 2030 ». Younous Omarjee, l’eurodéputé à l’origine de la mesure, déclarait pour sa part qu’il s’agissait d’une « mesure importante mais pas suffisante. Il faut revoir tout notre mode de production ».

Des propos qui font écho à ceux tenus par Hutch, l’explorateur de l’environnement du 21e siècle que nous avions rencontré le moins dernier lorsqu’il était de passage à Arlon avec son World Environmental Tour.

Martin Hutchinson, de son vrai nom, nous avait confié que la terre est « une planète incroyable ! ». « Mais plus je l’observe et plus j’en constate sa destruction. Prenez les bouteilles d’eau en plastique : les gens veulent la facilité d’utilisation, mais ils ne réalisent pas les dommages que fait cette bouteille. La vie moderne est en fait ce qui nous détruit ». Une réalité qu’il est bien difficile de contredire, tant les exemples qui nous entourent ne font que confirmer les propos tenus par Martin.