Un agent de la DNF a été arrêté mercredi matin par les forces de l’ordre à son domicile. Il est soupçonné d’être responsable, en partie, de la propagation de la peste porcine africaine.

La peste porcine africaine continue de provoquer beaucoup de remous dans la province de Luxembourg. Tant sur la plan environnemental que judiciaire. Pour rappel, une enquête a été ouverte au mois d’octobre dernier après la découverte des premières carcasses de sangliers contaminés. L’objectif des enquêteurs est de faire la lumière sur cette épidémie. A terme, ceux-ci espèrent découvrir comment le virus est arrivé jusque dans nos contrées.

Selon nos confrères de la Meuse Luxembourg, le dossier judiciaire a connu un avancement important ce mercredi matin. Un agent du Département Nature et Forêts (DNF) a été privé de liberté suite au mandat délivré par la juge d’instruction Mme Devaux. Il s’agit de Jean-Louis F. un habitant du petit village de Buzenol, dans la commune d’Etalle.

Les autorités le soupçonnent d’avoir joué un rôle, volontaire ou non, dans la propagation de la maladie. A l’heure d’écrire ses lignes, la police n’a pas souhaité divulguer d’autres informations. La présomption d’innocence prévaut et les devoirs d’enquête sont en cours.

Le premier à intervenir sur le terrain

L’interpellation de Monsieur F. pose en tout cas question. Et pour cause : il n’est pas inconnu au bataillon dans le dossier de la peste porcine. Cet agent responsable du triage d’Etalle fut l’un des premiers à intervenir sur le terrain lors de la découverte du premier sanglier mort.

Il s’était même confié en septembre dernier au quotidien l’Écho. A l’époque, il avait expliqué que le protocole avait été suivi à la lettre, “puisqu’on a été formé et qu’on a le matériel. Autant l’utiliser”. Avant d’ajouter avec fermeté que “les mesures prises sont les bonnes et il faut passer par là pour en sortir. Il faut maintenir les bois le plus tranquilles possible pour éviter la propagation”.

Les conséquences de cette crise sanitaire semblaient par ailleurs affectés humainement l’individu. “Il ne me fallait pas ça. J’aurais pu être pensionné il y a un an déjà. Depuis 10 jours, ça n’arrête pas. J’aimerais bien passer la main et transmettre mon savoir à des plus jeunes. Je n’en dors plus. La nuit, je vois des sangliers au pied de mon lit”.

Des propos qui résonnent étrangement aujourd’hui. Et qui tranchent avec les témoignages qui circulent dans la région depuis le mois d’aout dernier. En effet, un mois avant le déclenchement de la crise, plusieurs habitants de Buzenol avaient interpellé l’individu pour lui signaler la présence d’un sanglier malade. Contactée ce matin par Shootlux, une riveraine a confirmé cette anecdote étonnante. “Quand nous l’avons prévenu, celui-ci nous a répondu “laissez-le crever””.

Les autorités publiques lui reprochent-ils une négligence ? Voire des manquements graves alors qu’il était au courant qu’un animal présentait des symptômes inquiétants ? L’enquête devra le déterminer.

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